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LES FRONTIERES SONT DANS NOS TETES

gaelle

Gaëlle Linfide



Enfant du soleil, viens caresser mon oreille
De ta litanie chantée et de ton cri heurtée, 

Je veux entendre le doux chant des alizés
Dans le bruissement du feuillage 

Dorloter par la brise du soir.
Goûter au plaisir des saveurs tropicales

De fruits et nectars, doux et sucrés
Qui fondent dans mon esprit frustré.

Décris-moi les eaux cristallines
De tes plages ensoleillées 

Et ton sourire charmeur, enchanté.
Héritier des contes et histoires 

De  « soukouyans »et « dorlices ».
Fais moi découvrir de par tes mots

Tes souvenirs d’enfant,
Ceux que tu as tant chéri et jamais enfoui.

Car moi vois-tu les miens ont pris naissance
Dans la grisaille et le froid,

Le béton et le bitume,
Celle des cités dortoirs de
la Banlieue Parisienne.
Vents froids et neige ont été de mon lot annuel.
Et c’est dans ce pays nourricier 

Au cœur des différences les plus marquées
Que j’ai connu le mépris envers ma couleur cannelle.

Et leurs mots blessants revenaient en ritournelle.
Mes rêves se limitaient aux leurs 

Et ma vision se brouillait aux travers
De mes larmes sans armes.

Concerts de rires et de cris d’enfants chamaillant
Dans les cages d’escaliers.

De laisser faire aux aboiements des chiens agacés.
Ainsi était la vie de banlieue.

Je vivais constamment dans le gris souris,
Et toi dans le bleu azur.

 Nos vies se sont croisées sans se toucher.
Aujourd’hui je vis sous ton soleil et toi dans ma grisaille.

 Chacun vivant dans l’univers de l’autre.

Et les frontières sont dans nos têtes.