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Enfant
du
soleil, viens caresser mon
oreille
De ta litanie chantée et de ton cri
heurtée,
Je veux entendre le doux chant des
alizés
Dans le bruissement du feuillage
Dorloter par la brise du soir.
Goûter au plaisir des saveurs
tropicales
De
fruits et nectars, doux et sucrés
Qui fondent dans mon esprit frustré.
Décris-moi les eaux cristallines
De tes plages ensoleillées
Et
ton sourire charmeur, enchanté.
Héritier des contes et histoires
De « soukouyans »et
« dorlices ».
Fais moi découvrir de par tes mots
Tes
souvenirs
d’enfant,
Ceux que tu as tant chéri et jamais
enfoui.
Car
moi vois-tu les miens ont pris
naissance
Dans la grisaille et le froid,
Le
béton et le bitume,
Celle des cités dortoirs de la Banlieue Parisienne.
Vents froids et neige ont été de mon
lot annuel.
Et c’est dans ce pays nourricier
Au cœur des différences les plus
marquées
Que j’ai connu le mépris envers ma
couleur cannelle.
Et leurs mots blessants revenaient en
ritournelle.
Mes rêves se limitaient aux leurs
Et
ma vision se brouillait aux travers
De mes larmes sans armes.
Concerts de rires et de cris d’enfants
chamaillant
Dans les cages d’escaliers.
De laisser faire aux aboiements des
chiens agacés.
Ainsi était la vie de banlieue.
Je
vivais constamment dans le gris
souris,
Et toi dans le bleu azur.
Nos vies se
sont croisées sans se
toucher.
Aujourd’hui je vis sous ton soleil et
toi dans ma grisaille.
Chacun vivant
dans l’univers de
l’autre.
Et les frontières
sont dans nos
têtes.
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