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L’envie  d’elle, l’envie de lui !

philibo
photo de K'atryn M.S.

Empêtré dans nous-même, dans ce que le temps nous a construit, dans nos habitudes que nous pensions immuables, dans nos gestes qui s’apparentent à un rituel, nous nous figeons progressivement dans un être qui au final devient nous.

Les rencontres s’effectuent au gré des aléas, du destin ou encore du hasard, si tenté que le hasard soit une donnée pertinente pour l’être que nous sommes. Elles nous transforment, si peu, un peu tout de même, mais en général elles nous transforment. De toutes ces rencontres, l’être figé que le temps a édifié se déraidit, la statue s’ébranle comme le Pygmalion à qui fut insufflé le souffle de vie et nous  nous animons de nouvelles ardeurs, de nouvelles envies, de nouvelles folies.

Les choix que nous avons faits, se remettent en cause, non pas qu’ils fussent mauvais en leur temps ou maintenant, ils ne sont simplement plus à propos. Des contraintes que nous avons toujours refusé d’assumer, des positions que nous tenions dur comme fer, nous acceptons de les revoir et nous assumons dorénavant.

Des lieux que  nous ne  voyons plus, des gens que nous ne regardons plus, des plaisirs que nous avons  mis sous notre coude, des talents qui ne furent jamais  exploités, des chemins jamais explorés, nous sentons soudainement l’envie, de faire, de découvrir, de parcourir, d’entreprendre. L’envie renaît, l’envie taraude chaque fibre de nôtre être et cette envie vient de l’autre.

Une parole, jamais un ordre, une suggestion, une phrase chuchotée en s'excusant et nous nous mettons à courir alors que marcher est pour nous une souffrance. Nous sourions et rions alors que dans notre vie rien ne s’y prêtre, et tous ces changements se profilent à grande vitesse en nous et nous modifient.

Est-ce la pensée de l’autre qui s’affaire en nous et donne l’impulsion à nos élans, à ce renouveau qui s’esquisse en nous ?

Sommes nous  dans la représentation narcissique de nous-même ? Nous ne le pensons pas, car ce qui se produit en nous, se produit irrémédiablement dans l’autre. Nous Nous transformons à nos contacts, nous changeons à nos touchers et nous recréons un nouvel être, devenons un nouvel homme, une nouvelle femme.

Elle ne se voyait pas ainsi, désormais elle se trouve dans notre regard.
Nous ne nous voyons pas ainsi, désormais nous nous cherchons dans son regard.
 

C’est une magie qui  naît, une alchimie qui s’opère, celle de l’envie d’être. Nous  n’osons dire que c’est l’amour le transformateur de l’être, mais un sentiment approchant ayant la faculté de nous rendre, autre, différent, enchanté, un temps, un laps de temps, la fugacité de l’instant ou  toute une vie.

C’est un sentiment qui nous ouvre à nos potentialités, et grandit le besoin de l’autre, qui même absent est présent, accompagne nos gestes et nos pensées.

 

Evariste Zephyrin