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                                              Des histoires de queues

 banane

 

Par un après-midi ordinaire, je me retrouve à faire la queue dans l’une de nos administrations.

Cette queue  inhabituellement longue, contraint les guichetières à nous donner des tickets,  à  ceux qui font la queue. Au bout de cette queue, je réalise que souvent nous sommes amenés à faire la queue, comme  nous le faisons généralement dans une administration,  car entre la Sécu, la CAF, les impôts… nous avons de quoi faire.  A France Télécom aussi en période de vacances les queues sont belles.

Mais sans conteste, la palme des queues revient à la Poste. C’est impayable !

Très souvent, les queues postales sont de hautes levées et débordent fréquemment dans la rue. Il est à noter, que comme par un fait exprès, aux heures de pointe, généralement que le nombre de guichets se restreint, là ou les queue(s) s’allongent. Et nous sommes  au comble de notre désarroi, en prise avec des employés la queue en trompette.

C’est assez paradoxal du reste, de se retrouver à faire la queue, pour des raisons administratives à l’heure de l’Internet pour tous.  Si on arrive à ne pas se déplacer pour effectuer certaines opérations, tout ne peut se faire à distance. Car parfois, on se retrouve en bute à l’aberration suivante : c'est-à-dire, que votre problème ne rentre pas dans les critères de traitement. Alors là, cela ne fait pas un pli, pour ne pas se mordre la queue, il faut  se rendre sur place et bien souvent tomber dans une longue queue.

En somme, si le net a réduit nos déplacements, il ne nous dispense pas de tout contact humain.

Pour se vêtir, se chausser, manger en un mot  consommer, au magasin c’est la même chose, des queues et encore des queues. Les queues aux caisses des grandes surfaces, les samedi midi par exemple, donnent lieu à des spectacles assez surprenants.

On se retrouve les uns derrière les autres à la queue leu leu, à attendre avec nos articles en main pour pouvoir les payer. Il arrive que las de  faire la queue, les gens perdent patience, deviennent  hystériques, au point de manquer de se faire des têtes à queue, avec leurs chariots  alors qu’ils sont en train de changer de  queue.

Il a aussi des gens qui trouvent  jouissif de couper la queue dans laquelle vous êtes, pour vous passer devant le nez.  Ce qui, fatalement génère une montée de tension, dans la queue, et on se retrouve à dire à ces castrateurs de queue, de faire comme tout le monde,  d’aller à la queue ce qu’ils font la queue basse.

Parfois, il arrive  que ce soit bientôt votre tour, pour passer à la caisse que se produit ce coup classique.

Vous êtes en début de queue,  la  personne qui était devant vous dans la queue, à un souci du fait qu’elle tire le diable par la queue,  et au lieu d’être concise, commence son récit par la queue. Du coup, l’employée se retrouve avec une histoire sans queue ni tête qu’elle ne peut résoudre. C’est ce que nous pouvons qualifier, de début de queue dur à franchir.

J’en suis à cette réflexion lorsque qu’arrive mon tour dans la queue de la poste.

Après quelques minutes, mon entretien s’achève. Je me retrouve libérée de cette longue queue, avec une mélodie dans la tête venant d’un piano à queue.

Seulement, en  sortant je me retrouve dans la rue, mouillée, le corps trempé, la queue de cheval  dégoulinante par une pluie qui tombe  averse.  Je me dis alors, que ma réflexion sur les queues trouve  une conclusion qui ne saurait être tirée par la queue.

Après avoir subi ces longues queues dans nos administrations et commerces, en rentrant à la maison, je n’ai qu’une envie pour me détresser, c’est  de m’enfiler la longue queue de mon homme.

Comme quoi ! Ces histoires de queue n’en finissent pas.


Marie Desoie