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Une insulaire
sans
frontière…

Emmanuelle Deschè
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Je viens, sur la pointe
des pieds,
De ma voix chabine
Raconter à ton oreille
cannelle
Mes souvenirs
d’enfance.
Enveloppée
dans un pan de
jumel
Une battisse cossue
couleur crème
Fut le lieu de
ma venue au
monde.
Rire, bêtise, chamaillerie
était à mes journées
Affection, tendresse,
amour au journal de ma grand-mère
Je
grandis au sein d’un
foyer sécurisant d’où émanaient de belles ondes.
Cela ne dura que peu, car vint un grand
voyage
Qui ne fut
qu’une longue
et sombre expédition à mes yeux d’enfant.
Je laissais derrière moi,
au loin, les quatre saisons de l’an
Pour
m’imprégner aux deux
saisons de l’autre rive.
Sur
cette terre à sucre,
mon histoire éclos,
Telle une orchidée je me
vrillais
Sur cette terre
d’histoire.
Mon
accueil fut une mise à
l’écart
Dû à mon teint métis sans
trace
Car au fil du temps
Mes racines se sont âprement
nourries du souffle des alizés.
Gorgée
de souvenirs,
emplit des humeurs de l’île
Rassérénée par l’immensité
bleue de la mer
Mon être
se formait au
contact des richesses plurielles humaines de ma terre.
Par ce tout, Je demeure
une insulaire sans frontière.
19/08/06
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