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La tombe de lambis
On
peut lire sur de nombreux sites « qu’au temps de l'esclavage, la
conque permettait de communiquer de colline en colline pour annoncer les grands
évènements de la vie : naissance, mariage, mort, mais aussi les révoltes. Elle
annonçait le départ et l'arrivée des canots de pêche de son bruit assourdissant
et donnait le signal de la récolte des ignames. C'était à la fois la radio, le
téléphone et un instrument de musique. Malheureusement, l'art d'émettre les
sons que l'on entend à plusieurs kilomètres est de moins en moins transmis. Il
existait réellement un authentique dialecte du lambi. Les plus belles coquilles
décoraient les tombes des pêcheurs. Les autres ont été utilisées pour faire des
digues et il reste encore des fours à chaux, témoins de son utilisation
industrielle. Elle faisait partie de la vie de tous les jours, des jours de
fête et des jours de deuil. »
C’est
un fait que je n’ai jamais vu dans toutes les
recherches que j’ai pu effectuer sur cette période allant de la
colonisation à l’abolition, je n’ai jamais trouvé une seule
mention de la conque de
lambi faisant office de vecteur de communication, la référence fut
toujours le
tambour que les maîtres d’habitations craignaient et tentèrent
d’interdire
l’usage, ce à maintes reprises au cours de l'histoire.
Ce fut le tambour, instrument de musique que les colonisateurs imputaient ce
dialecte, une capacité à faire des mots
à travers des battements ou des rythmes ou des lignes mélodiques particulières,
permettant d’informer l’île, la totalité de l’île des décès, unions et autres
faits suscitant l’intérêt des populations esclavagées. Il fallait moins de 6 h
pour qu’un évènement se produisant à Fort de France (Fort Royal) ne soit répercuté ou connu au Vauclin, ce qui
à cette époque constituait un exploit.
Il
est possible que la conque de lambi ait
joué le rôle qu’on lui prête dans des portions de territoire pendant
l’esclavage ou juste après l’esclavage, je pencherai pour des pratiques
post-esclavagistes, car n’ayant pas souvenir d’avoir lu non plus qu’on trouvait
des conques dans les cimetières d’esclaves mis à jour, toutefois on en trouve
des quantités très importantes dans les gisements amérindiens, ce coquillage
était prisé en tant qu'aliment et pour les parures de nacre par ces populations.
Pourquoi
les Libérés, les plus modestes ont-ils pris le soin de décorer les tombes avec ces conques de
lambi, est-ce que ces coquillages avaient une valeur cérémoniale dans certaines cultures africaines ou est-ce
une survivance de pratiques
amérindiennes ou enfin un fait isolé qui s’est diffusé à un grand nombre, je ne
saurai le dire, quoi qu’il en soit, c’est en Guadeloupe que l’on retrouve ces
tombes décorées de conques de lambis.
Mais
l’histoire funéraire des esclaves de la
Martinique et de la Guadeloupe reste à écrire
Tony Mardaye
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Photographies de Francesca Palli
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