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Le cimetière suisse du Tessin

Dans cette partie des alpes italophones, les montagnes tessinoises en cette période de l’année la nature roussie, elle adopte cette agréable couleur fauve, les arbres  voient leur feuillée jaunir et les sols tapissés de feuilles mortes se rouiller, de cette d’où monte des odeurs de champignon. 

L’automne est à son temps et le restitue par son caractère mélancolique, ici comme ailleurs à la fête des morts les Suisses honorent leurs défunts, ils se ressouviennent de leurs  qui ne sont plus. 

Les Suisses ont une réputation de grande propreté et d’un sens civique aiguë, en regardant ces photographies nous nous convenons de ce  préjugé (favorable), ce cimetière est tout propret, très soigné, on le croirait presque tracé au cordeau, donnant comme le sentiment d’être dans un jardin, un lieu de grande quiétude. 

Dans ce cimetière on trouve une construction à l’architecture  moderniste, sans doute elle a été construite dans les années 50 ou 60, elle épouse les formes d’un urbanisme fonctionnaliste d’après guerre, quoique ce cimetière existe depuis plus de 200 ans.

On trouve aussi une chapelle dont l’architecture est d’inspiration néoclassique faisant référence à la Rome antique et allusion à l’Egypte ancienne, elle est dévolue aux frères de la Madonna, qui sont des capucins. 

Il y a cinq tombeaux  où sont enterrés des sœurs d’un couvent voisin, des Hollandaises qui s’étaient établies depuis de nombreuses années et qui suivaient l’enseignement de sainte Hildegarde de Bingen, une mystique allemande du XII e siècle. 

Les dernières sœurs de cette congrégation sont une dizaine, toutes  Hollandaises, très âgées, elles ont formé un groupe, dont  homogénéité a contribué à exclure les sœurs ayant d'autres nationalités, car il est difficile de partager la vie de personnes si différentes de soi.

Dans ce cimetière, il y a un carré où l’on trouve des petites tombes, là sont enterrés des enfants, entre autres des enfants que l’auteure des photographies a côtoyé dans l’enfance. C’était ses camarades de jeux, elles sont mortes à cause de la diphtérie lorsqu’elles avaient 6 ans.  

Et pour finir, j’ai demandé comment s’appelait ce cimetière, je me suis vu répondre :

- Chez nous on ne donne pas de nom au cimetière.

Etrange pratique, surtout pour nous qui nommons tout, toujours en quête d’enracinement.

E.Z



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Le Cimetière suisse (Tessin)