pyepimanla
accueil
Accueil actualites
Actualités forum
Forum annonces
Annonces archives
Archives

La Toussaint 2009 en Guadeloupe


cimetiere de petit bourg

Le temps d’hivernage avait comme crevé le ciel qui se mit à déverser une trombe d’eau  sur la Guadeloupe, aucune des deux îles n’y échappèrent et nous eûmes  une Toussaint pluvieuse, ce qui n’empêcha pas les Guadeloupéens de se rendre en masse dans les cimetières commémorer leurs morts.

Les tombes ont déjà été brossées, lavées, nettoyées dans la journée où la veille,  certaines ont été repeintes pour cette traditionnelle  fête de la Toussaint, il convient sous nos cieux d’honorer dignement ses défunts.

Protégé de ses murs blancs, le cimetière est en bruit ce soir venu et sous la pluie, qui s’est enfin calméles familles arpentent les allées, elles circulent, s’embrassent, les gens se rencontrent, s’informent  et stationnent devant leur tombe.

L’obscurité est prégnante, la nuit tombe vite sous les tropiques, des milliers de lumière éclairent, des milliers de lumignons émettent leur lueur dans le soir qui fraîchit. Les bougies sont en recul, désormais les commémorants lui préfèrent les photophores, moins salissants, mais les enfants ne se livrent plus au combat de « caca bougie » auquel des générations  successives se sont adonnées.  

Le soir passe et les gens discutent, le cimetière lève la bruyance, qui se propage comme un écho, tant les discussions n’en finissent plus, quand les parents, les ami(e)s et les alliés se rencontrent. 

Autour de la croix centrale des hommes et des femmes prient, car pour faire de la place on déterre les défunts n’ayant pas concessions. Il est dit que leurs os sont placés sous la grande croix du cimetière, alors les enfants, parents et amis hommagent leurs morts sous la croix, elle aussi repeinte pour la Toussaint.

Le ciel reste nuageux, la pluie fifine, depuis peu on constate la présence de marchands ambulants,  qui ont flairé la bonne affaire. Leur présence choque, d’aucuns voyant d’un mauvais œil « la consommation  envahir leur quotidien à ces moments les plus intimes...» il s’agit pour eux d’une régression sociale. 

Quoique dense, la foule est moins nombreuse cette année, les gens circulent sans se bousculer.  Les pratiques évoluent, l’incinération de plus utilisée par les populations, fait que les tombes si pittoresques, les petites chapelles bâties comme des maisonnettes, refuges du dernier sommeil, avec le temps deviendront des objets de musée.

Pour l’heure les familles prient  et illuminent leurs morts. Le culte des ancêtres se perpétue encore ici, il perdure !

 

Tony Mardaye


Bookmark and Share

 Des photos du cimetière de Petit-Bourg





Photographies : Harry Mephon