FILE-NOUS
L’OSEILLE ET CASSE-TOI, BEDOUIN !
Qu’est-ce
qu’on a pu se marrer pendant la visite du Bédouin
de Tripoli dans la
Ville-lumière ! D’abord, Sarko et ses
compères ont voulu nous faire un
remake du fameux film Prends
l’oseille et
tire-toi ! En bref, pomper les 15 milliards
d’euros de contrats du
Guide libyen et le renvoyer fissa dans son bled, avec sa tente, ses
amazones et
ses chameaux. File-nous l’oseille
et
casse-toi, bédouin ! que ça
aurait dû s’appeler. Manque de pot, le
Bédouin ne l’a pas entendu de cette oreille et
s’est éternisé jours, putain
qu’est-ce que c’est long pour une visite de chef
d’état ! Tout en
narguant la classe politique française, avec sa barbichette
mal taillée comme
par exprès, ses burnous et ses toges antiques, son
énorme pin’s représentant
l’Afrique fiché sur la poitrine et son
extravagante limousine blanche.
Ah, sa tente plantée en
plein dans les jardins de l’hôtel
Marigny !
J’imagine que c’était pas
prévu dans le scénario et que le bouillant et
imprévisible colonel a obligé les
Français à l’inscrire sur leur script
au
dernier moment. J’imagine les tronches
épuisées des mecs chargés
d’organiser sa
visite. J’imagine leurs supplications :
« Vous pouvez pas nous faire
ça, cher Guide ! C’est un symbole qui
risque d’irriter le peuple français.
Il aura l’impression que tous les efforts de Charles Martel
à Poitiers ont été
vains. Vous comprenez, mon colonel ? ». Et
le Bédouin, inflexible et
rieur, de leur rétorquer : « Par
Allah, je dormirai sous ma tente
qu’il vente ou qu’il grêle, OK ?
C’est moi qui paye, donc je veux rien
savoir. Et puis qui me dit qu’y a pas des micros
cachés dans vos suites pour
milliardaires ? ». Et puis, au tout dernier
moment, après les avoir
laissé suer toutes les sueurs froides de leur
corps : « Ben non, les
gars, j’ai juste voulu vous faire peur. Ha-haha ! La
tente, ça sera pour
recevoir mes invités, tradition du désert
oblige. »
Fallait voir la mine pour une fois pas
faraude pour deux sous de
l’homme Sarko lorsque Mouamar est descendu de sa caisse et a
traversé d’un pas
volontairement lent le gravier de
l’Elysée ! Mais bon dieu de bon sang,
amène-toi vite, Bédouin, qu’elle disait
sa mine ! Pas la peine de
t’éterniser sous les flashes, ça me
fout mal à l’aise de te serrer
interminablement la main sur le perron. Mais entre, bon
dieu ! Et le
Khadaf de se fendre la gueule derrière ses lunettes noires
qui lui
dissimulaient les yeux alors même qu’à
Paris, on est au début de l’hiver et que
la lumière du jour, c’est pas ça qui
risque d’aveugler qui que ce soit. Et le
soir, au moment de la signature des contrats, lorsque les deux chefs
d’Etat se
sont plantés derrière leurs ministres des
affaires étrangères respectifs qui
paraphaient les fameux contrats, c’était
à mourir de rire ! Sarko qui n’en
menait pas large, qui regardait droit devant lui dans le vide, qui
avait un
rictus au coin des lèvres et qui même consulta son
Blackburry en douce, mais
d’un geste nerveux. Pendant ce temps-là, le
Bédouin, lui, était à
moitié hilare
et buvait du petit lait (de vache, pas de chamelle,
évidemment ! On est
tout de même en pays civilisé). Le doux crissement
des stylos sur les feuilles
donnaient quand même du baume au cœur à
la partie française car comme un
ministre l’a déclaré :
« 15 milliards d’euros, ça
correspond à 30.000
emplois pendant 10 ans ». C’est pas rien
par ces temps de chômage
endémique. Reste à espérer que les
Bédouins des banlieues, pardon les Beurs,
bénéficieront, au niveau de l’embauche,
ne serait-ce que d’une toute partie de
cette manne. Après tout, c’est leur
frère de race qui a apporté le pognon
salvateur, merde !
Le lendemain, le
Guide s’est encore permis de retoucher le scénario
en prononçant, à l’UNESCO, un
discours très vif dans lequel il
dénonça la manière avec laquelle les
travailleurs immigrés étaient traités
en France et en Europe. Vous avez pillé,
massacré, colonisé l’Afrique pendant
des siècles et maintenant vous vous croyez
autorisés à nous donner des leçons de
droits de l’homme, allez vous faire
voir ! déclara-t-il en substance devant un parterre
arabe et africain en
délire. Il prenait là une petite revanche sur
Sarko qui était venu l’autre jour
le tancer à propos des 6 infirmières bulgares.
Non mais il est gonflé, notre
Bédouin ! Le folklore oriental, c’est
bien joli, mais faut pas pousser,
mec ! Comment tu peux mettre sur la même balance le
sort effroyable de six
nanas appartenant à la race supérieure et celui
de plusieurs millions de bougnoules,
bicots, ratons et autres négros ? Des bougnoules et
des négros que l’on
peut tamponner avec notre bagnole lorsqu’on est flic parce
qu’ils roulent un
peu trop vite à moto alors qu’un Gaulois, on
l’aurait juste sifflé. Des
bougnoules et des négros qui ont bien de la chance de
ramasser nos poubelles,
de décharger nos caisses et nos cartons, de grimper sur des
échafaudages pour
construire des immeubles, de cueillir nos pommes, poires, fraises et
autres
melons ou de descendre dans les mines pour extraire ce qui nous reste
de
charbon. Non mais t’es sacrément
gonflé, le Bédouin !
Dans le scénario,
qui aurait aussi bien pu s’appeler Le
Bon, la brute et le truand, un big
problem s’est posé dès le
départ qui a dû filer des boutons aux gars de
l’Elysée au niveau du casting. Si tout le monde
était d’accord pour que le
Bédouin joue le rôle de la brute (il a la gueule
de l’emploi, n’est-ce
pas ?), qui jouerait les rôles du Bon et du
Truand ? Alors là, ça n’a
pas raté ! Les Socialos ont aussitôt
enfilé leurs tuniques de
pseudo-vierges effarouchées et ont multiplié les
déclarations indignées contre
le « dictateur libyen »,
« le terroriste de Tripoli » ou
encore le violeur des droits de l’homme. Le Bon,
c’est nous et rien que nous
qu’ils clamaient sur tous les toits, les petits-fils de
Mitterrand ! Et le
truand, c’est Sarko qui vend notre dignité
nationale contre une poignée de
dinars (eh oui, sont cons, ces socialos, au point de confondre le dinar
qui
vaut pas une pésette avec le dollar !). Pris de
court, la bande à Sarko a
d’abord fait profil bas, marmonnant que Kadhafi
était certes un terroriste,
mais un terroriste repenti. Dans les procès contre la mafia,
en Italie, ne
file-t-on un statut spécial aux mafiosi repentis ?
Aux Etats-Unis, quand
un criminel avoue d’emblée sa faute, ce qui fait
gagner du temps et de l’argent
aux autorités, ne lui refile-t-on pas un bonus
équivalant à 30% de réduction
sur sa peine ? Pourquoi ce qui est bon pour un mafioso rital
ou un
gangster yankee ne le serait-il pas pour un bédouin au
couteau entre les
dents ?
Mais rien n’y fit. Les
choses menaçaient de virer au
film-catastrophe pour la Droite. Alors, on fit intervenir des bonnes
âmes de
l’UMP qui, du bout des lèvres certes,
dénoncèrent elles aussi la visite du
« dictateur » libyen (entre
parenthèses, Hu Jing-Tao, le mec qui
gouverne d’une main de fer 1 milliard et demi de Chinois et
colonise à tours de
bras le Tibet, c’est un démocrate
peut-être ?). Les ralliés à la
Droite du
genre Kouchner furent, comme à leur habitude, les plus
lamentables. Bref, le
bédouin ne fut pas autorisé à
s’exprimer devant l’assemblée nationale
française, privilège qui fut accordé
à tous les dirigeants criminels de
l’entité sioniste qui chassèrent le
peuple palestinien de sa terre en 1948 et
n’ont cessé depuis lors de le bombarder,
massacrer, pilonner, cela dans
l’indifférence générale,
tant de la Droite que de la Gauche gauloises. Le clou
du spectacle furent les propos indignés de la Rama Machin,
sous-ministresse
selon lesquels « notre pays »
n’est pas « un paillasson sur
lequel on vient essuyer ses bottes tachées de
sang ». Sans blagues !
Et tes ex-compatriotes tirailleurs sénégalais qui
furent mitraillés au sortir
de la Deuxième Guerre Civile Européenne (1939-45)
par leurs collègues
militaires français parce qu’ils
réclamaient la même solde
qu’eux , cela
au tristement fameux camp de Thiaroye ? Et tes
ex-congénères immigrés qui
sont obligés de se construire des cahutes en cartons ou de
dormir sous des
tentes (tiens, Khadafi n’a donc rien
inventé !) qu’ils installent sur les
grands boulevards parisiens pour réclamer un logement
décent ? Et toute
cette jeunesse « black » des
banlieues laissée à l’abandon et qui
part dans des dérives suicidaires à travers des
guerres de bandes ?
« Notre pays » que tu dis,
laisse-moi rire, fillette ! Qu’Allah
te pardonne !
Putain, trois jours qu’il
est là, le bédouin ! Qu’est-ce
que c’est long ! Interminable même. Plus
que deux jours à tenir. On a les
contrats dument signés en poche, on lui a fourgué
notre « Rafale »
qu’aucune armée du monde ne veut, on a obtenu des
promesses d’autorisation de
prospection de son gaz et tout. L’oseille, on l’a,
alors casse-toi, mec,
mer-de ! Mais non, le Khadaf, il continue à nous
narguer, à nous casser
les bonbons en allant se balader de son pas toujours aussi lent (on lui
a
appris que lenteur égale majesté ou
quoi ?) au musée du Louvre. Et en
plus, même pas cultivé avec
ça ! Au lieu de demander à voir les
toutes
dernières découvertes archéologiques
ramenées d’Egypte, il s’est
arrêté devant
des trucs ringards comme « La Vénus de
Milo » ou La Joconde »,
des trucs que les beaufs de province viennent admirer une fois dans
leur vie
avec bobonne sans jamais se poser la question une seule seconde de
savoir si ce
sont les vraies ou si ce sont de simples copies. D’ailleurs,
le Bédouin, on lui
a filé des copies. On ne sait jamais, des fois
qu’il serait tenté par une
razzia avec toutes ces amazones et ces sbires armés
jusqu’aux dents (200 en
tout, non mais, vous vous rendez compte ! Pour qui il se
prend, ce Mohammed,
hein ?) qui l’accompagnent jour et nuit.
Plus qu’un jour. Le
cinquième de cette interminable visite.
Ouf ! Et les socialos qui continuent à sonner
l’hallali alors que nous, on
boit le calice jusqu’à la lie. On aurait bien
aimé les y voir, eux ! S’ils
étaient si honnêtes et vertueux qu’ils
le disent pourquoi aucun d’entre eux ne
s’est élevé contre les 15 milliards de
contrats ? Si
on comprend bien, ils veulent du pognon
du Bédouin, mais ils veulent surtout pas lui dire merci. On
les reconnaît bien
là, ces socialos ! Hypocrites, raminagrobis,
orfèvres de l’indignation
vertueuse et du double langage. Cachez-moi ces contrats que je ne
saurais
voir ! Mais bon…Khadhafi s’est rendu au
château de Versailles. C’est
déjà
ça. Il n’est plus à Paris à
faire le beau dans ses toges à la con et à nous
faire la leçon. Car nous, la repentance, jamais !
Qu’il le comprenne bien,
ce blédard arrogant ! Nous, les Occidentaux, on
exige qu’il s’excuse pour
avoir fait exploser 600 passagers de deux avions de ligne et
torturé 6 infirmières
bulgares, mais nous, on refuse de s’excuser pour
l’extermination de 40 millions
d’Amérindiens, l’esclavage de 10
millions d’Africains et l’assassinat d’1
million d’Algériens pendant les
« évènements
d’Algérie » et
d’autant
de Vietnamiens pendant « l’agression
communiste contre le régime
démocratique de Saigon ». Niet !
Repentance pour lui et tous ceux de
son acabit, zéro repentance pour nous, OK ? Tout
juste nous excusons-nous
pour la Shoah, mais c’est normal
puisqu’après avoir pourri la vie des fils de
Sion pendant 2.000 ans (de la destruction de Massada, en Palestine, par
les
Romains dans l’Antiquité à Dachau au
XXe siècle), ils sont désormais nos potes.
Mais ça, c’est une autre histoire…
Non, mais il nous fait chier, ce mec,
le voilà qui s’attarde,
comme par exprès, devant deux trucs qui rappellent
qu’il est un dictateur et
que nous on est en train de flatter un dictateur : le
trône de Louis XIV
et la salle où Napoléon a
été couronné empereur. Non, mais, il
aurait pas pu
s’arrêter devant les tapisseries ou la vaisselle en
porcelaine de Limoges des
fois ? Ha la-la-la ! Et bien sûr, un
journaleux à la con de TF1 de
commenter les images en disant que « Khadafi a
été fasciné par ces
emblèmes du pouvoir absolu ». A la lie,
on vous dit, qu’on le boira, ce
calice ! Plus qu’une après-midi avant
qu’il se casse, ce mec. Pourquoi le
pape ne prie-t-il pas pour que le Bon Dieu fasse avancer plus vite les
heures ? Pour une fois qu’il servirait à
quelque chose, celui-là, au lieu
de passer son temps à nous bassiner avec ses encycliques aux
noms latins
pompeux que personne ne lit plus. Et vlan ! Nouvel ajout au
scénario ! Notre bédouin
préféré exige de faire une chasse
à courre. Rien
que ça. Non mais il se croit au Moyen-âge ou
quoi ? Si ça le botte de
courser le week-end les hyènes et les chacals dans son
désert de Cyrénaïque,
nous, ce genre de trucs, on laisse ça aux nobliaux
nostalgiques de l’époque
d’avant la décapitation de Louis XVI ou aux
Engliches de passage. Allez, qu’on
lui lâche deux-trois renards et quatre-cinq chevreuils et
qu’il les descende au
fusil à lunette si c’est ça qui lui
fait plaisir ! La nuit tombe vite en
hiver. Va pas nous les casser trop longtemps de toutes
façons.
Et ça continue pendant que
monsieur est en train d’appuyer sur
la gâchette : les socialos redoublent de
férocité verbale, la Rama Machin
se hausse encore du col si bien qu’on est obligé
de lui remonter les bretelles,
les éditorialistes de tous bords s’en donnent
à cœur joie, pour une fois tous
d’accord entre eux dans leur condamnation du dictateur et de
sa venue dans la
« Patrie des Droits de
l’Homme ». Bref, on n’en finit
pas d’en
prendre plein la figure avec cette visite qui n’en finit
pas ! Jusqu’à la
lie, on vous dit. Et voilà qu’un foutu sondage
tombe : 81% des Français ont
d’accord avec la Rama Machin et son histoire de paillasson. Y
compris ceux qui,
en Algérie, lorsqu’ils étaient bidasses
(ils ont la soixantaine ou la
soixante-dizaine aujourd’hui) n’ont pas
hésité une seconde à tirer les bicots
comme des lapins, à violer les fatmas
récalcitrantes, à torturer les suspects
à
la gègène, à incendier les mechtas
où se cachaient des fellagas. Kadhafi est un
salaud, mais eux, ils ont les mains propres. Je t’en
foutrais, moi !
Ouf ! C’est fini.
Les cinq jours se sont écoulés. On
comprend maintenant quel dur labeur ça a dû
être pour le Bon Dieu de créer le
monde en sept jours. Le bédouin a fini par se casser en
Espagne. Devraient se
méfier, nos chers voisins espingouins, des fois que
l’idée lui viendrait au
bédouin de refaire le coup de ses ancêtres qui ont
colonisé la péninsule
ibérique pendant 7 siècles. Mais là,
c’est plus notre affaire. Qu’ils se
démerdent !
Allez, générique
de fin, s’il vous plaît !...
Post-scriptum :
je comprends un peu mieux mon grand-père lorsqu’il
soutenait mordicus que cette
histoire de Békés qui ont violé
pendant des siècles les femmes noires esclaves,
était une foutue couillonnade.
« Faux ! » bramait-il
lorsque le
tafia lui était monté à la
tête « Archi-faux ! Elles
étaient
parfaitement consentantes. Elles
leurs
servaient de paillasson ! ». T’as
tout-à-faitement raison,
l’ancêtre !
Raphaël
Confiant