Des
discriminations raciales persistantes
Les
principaux leaders
d'associations de défense des droits civiques ont
exprimé, suite à l'affaire de
Jena, leur inquiétude sur l'état des relations
entre les communautés noires et
blanches. Reçus, vendredi 28 septembre, par des
représentants du département de
la justice à Washington, plusieurs d'entre eux, dont le
révérend Jesse Jackson,
ont manifesté un vif mécontentement sur la
frilosité de l'administration à
réagir et à diligenter des actions contre les
manifestations de haine, de
racisme et de violence.
Julian Bond,
président de l'association
NAACP, qui combat la ségrégation
raciale aux Etats-Unis, a insisté sur la
nécessité, pour le département de la
justice, de suivre attentivement la situation de la Louisiane afin
d'éviter de
nouvelles violences. "On pressent une sorte de virus
prêt à se répandre
depuis Jena dans tout le pays", affirme-t-il. Des violences
et des
actes symboliques - des nœuds coulants évoquant le
lynchage suspendus ici ou là
- ont été observés
récemment.
D'autres
organisations rappellent aussi combien
les discriminations raciales
persistent en Amérique. Discrimination devant la justice :
arrêtés par la
police, les hommes noirs ont trois fois plus de risques que les Blancs
d'être
condamnés à la prison, la longueur de leur peine
étant de 15 % supérieure en
moyenne à celle des Blancs. Discrimination au travail : la
présidente de la
Commission pour l'égalité des chances dans
l'emploi (Equal Employment
Opportunity Commission) rappelle ainsi, dans le New York Times,
que la
race est le motif le plus fréquent de plaintes pour
discrimination (27 238 en
2006) et que, de 374 plaintes basées sur la couleur de la
peau en 1992, on
était passé à 1 241 en 2006.
L'utilisation
de cordes de pendus pour provoquer
ou intimider n'est
apparemment pas exceptionnelle. "L'histoire de Jena,
écrit-elle, est
un terrible rappel et l'avertissement d'un mal plus profond qui doit
être
éradiqué avant qu'il ne s'envenime et
s'étende."