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Des liens entre le cannabis et la schizophrénie ?


canabisLe Professeur Murray, un expert des psychoses provoquées par le cannabis, a déclaré que l’étude du Lancet ne donnait que très peu d’éléments supplémentaires à la compréhension des risques médicaux associés à la consommation de cannabis.

Il a déclaré : « Les politiciens ont tendance à penser que la re-classification des drogues est importante. Cela ne l’est pas. Les jeunes de quatorze ans qui fument des joints n’ont aucune idée de la différence qu’il existe entre la classe B et la classe C. Si on reclassait le cannabis dans la classe B, cela n’affecterait pas les jeunes de quatorze ans, car c’est déjà illégal pour eux de fumer du cannabis. Ce dont on a besoin c’est de la prévention à propos des risques du cannabis ».

L’étude qui est une analyse d’une recherche précédente, estime que 14% des personnes âgées de 15-34 ans souffrant actuellement de schizophrénie sont malades parce qu’ils ont fumé du cannabis.

Le Professeur Murray indique : « Les individus –avec peut-être des prédispositions- qui n’auraient pas développés de schizophrénie le feront parce qu’ils prennent du cannabis. C’est un peu commequand les individus avec une très faible prédisposition au diabète le développent parce qu’ils mangent trop ».

Le Dr Iddon, le président du groupe parlementaire sur l’abus des drogues, a déclaré que l’étude ne le convainquait pas qu’il était temps de reclasser le cannabis dans la classe B.

« Je ne pense pas que le lien de cause à effet a été prouvé. Je pense que la cannabis peut –peut-être pour des raisons génétiques- provoquer des psychoses chez des gens jeunes ».

Le Député, qui est aussi membre du comité de technologie et de science, a déclaré qu’il y avait un danger de criminaliser des centaines de milliers de jeunes gens si le statut de la drogue était changé.

« Si le premier ministre change la classe de la drogue, ce sera pour des raisons politiques. Depuis que nous avons changé la classification du cannabis en le faisant passer dans le classe C, la consommation de cannabis a diminué. »

Une nouvelle étude publiée par le journal médical britannique The Lancet apporte quelques éléments nouveaux au dossier de la nocivité du cannabis qui aurait des liens avec la démence mentale, la schizophrénie. D’après Theresa Moore de l’Université de Bristol et Stanley Zammit de l’Université de Cardiff, après analyse de 35 études menées sur ce thème, l'usage régulier de cette substance augmenterait de 41 % les risques de développer ultérieurement une affection psychiatrique de nature psychotique.

Dans le dernier numéro du Lancet, ces chercheurs précisent que ce risque augmenterait avec l'intensité et la durée de la consommation - de 50 % à 200 % pour les gros utilisateurs. Les liens avec des épisodes anxieux ou dépressifs ou avec les tendances suicidaires apparaissent moins marqués.

Les chercheurs n’établissent pourtant pas de relation directe de causalité entre la consommation de cannabis et les affections psychotiques.

Pour autant ces chercheurs estiment qu'il existe suffisamment de données statistiques pour mettre en garde ces derniers et pour informer l'opinion publique. Cette initiative est, selon eux, d'autant plus nécessaire que le nombre des adolescents et des jeunes adultes consommateurs de cannabis est en augmentation régulière dans les pays industrialisés.

« Le cannabis a généralement été considéré comme une drogue plus ou moins inoffensive comparée à l'alcool, aux stimulants centraux et aux opiacés, écrivent les docteurs Merete Nordentoft et Carsten Hjorthoj (hôpital universitaire de Copenhague, Danemark) dans un commentaire accompagnant cette publication. Cependant, les effets potentiels à long terme concernant les risques de survenue d'affections psychotiques apparaissent tels aujourd'hui qu'il est nécessaire de mettre en garde le public sur ce danger et de mettre au point un traitement pour aider les jeunes fréquents consommateurs de cannabis. »

Cette étude du Lancet a suscité la polémique au Royaume-Uni et des experts en drogue du Royaume-Uni ont déclaré aujourd’hui qu’il n’y avait toujours pas suffisamment de preuves pour reclasser le cannabis, après qu’un rapport ait suggéré que cette drogue pouvait augmenter le risque de schizophrénie d’au moins 40%.

Le député travailliste anglais Brian Iddon et le professeur Robin Murray, de l’Institut de Psychiatrie, ont déclaré qu’il n’y aurait aucun bénéfice à reclasser le cannabis dans la classe B des drogues. Au Royaume-Uni en effet les drogues sont classées par classe (A,B,C) et cette classification permet d’établir les sanctions judiciaires à décréter en cas de consommation de drogues.

Leurs commentaires font suite à un rapport publié aujourd’hui dans le journal médical The Lancet qui estime qu’au moins 800 personnes souffrent de psychose sérieuse au Royaume-Uni, cette psychose étant liée au fait qu’ils aient fumé du cannabis.

Le département de l’Intérieur, c’est-à-dire le ministère de l’Intérieur britannique, a déclaré la nuit dernière que les découvertes du rapport pourraient être considérées lors du ré-examen de la décision de 2004 de rétrograder le cannabis comme une drogue de classe C.

Ce ré-examen a été motivé par les craintes que l’actuelle forme du cannabis pouvait provoquer la schizophrénie.