La France
accusée à l'ONU de "légitimer le
racisme"
Au cours
d'une session de la
troisième commission de l'Assemblée
générale des Nations unies, Doudou
Diène,
le rapporteur spécial de l'ONU sur le racisme, la
discrimination raciale et la
xénophobie, s'en est pris, mercredi 7 novembre, au
président français, Nicolas
Sarkozy, qu'il a accusé de s'être inscrit dans "une
dynamique de
légitimation du racisme". M. Diène
s'exprimait sur "la
recrudescence des phénomènes de racisme
à travers le monde" et sur
leur "banalisation politique", voire leur "légitimation
démocratique".
M.
Diène a sévèrement critiqué
le discours prononcé à Dakar le 2 juillet par M.
Sarkozy. Dans cette
allocution, le président français avait
dénoncé l'esclavage et les effets
pervers de la colonisation tout en estimant que "le drame de
l'Afrique,
c'est que l'homme africain n'est pas assez entré dans
l'Histoire" et
que "jamais il ne s'élance vers l'avenir".
ACCUSATIONS
"INFONDÉES"
Doudou
Diène, qui dépend du
Conseil des droits de l'homme de Genève, a, selon le
communiqué officiel, placé
le discours de M. Sarkozy dans le contexte des propos du Prix Nobel de
médecine
James Watson sur la prétendue
infériorité intellectuelle des personnes
d'ascendance africaine. Ces deux éléments
illustrent, selon le rapporteur
sénégalais, "la recrudescence des
phénomènes et des manifestations de
racisme" et participent d'une "légitimation
intellectuelle du
racisme".
M.
Diène a également dénoncé "la
criminalisation et le traitement exclusivement sécuritaire
des questions
relatives à l'immigration". "En France,
le projet de loi
introduisant les tests ADN dans la procédure de traitement
administratif des
postulants au regroupement familial constitue aussi une illustration de
cette
stigmatisation de l'immigré", a-t-il
ajouté.
Le
représentant de la France au
sein de la troisième commission a
répliqué en jugeant les accusations du
rapporteur "infondées et irresponsables".
Le président
français "a réaffirmé dans
ses discours et ses actes que la lutte
contre le racisme faisait partie de ses priorités",
a expliqué le
diplomate, qui a assuré que les tests ADN ne seraient
pratiqués que "sur
une base volontaire".
Doudou
Diène a repris la parole
pour affirmer qu'"il était essentiel que le
président français, Nicolas
Sarkozy, sache que le discours de Dakar a causé une blessure
profonde". "Dire devant des intellectuels africains
qu'ils ne
sont pas entrés dans
l'histoire s'inspire des écrits racistes des XVIIe,
XVIIIe
et XIXe siècles", a
ajouté le rapporteur.
Philippe
BOLOPION
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