Le cancer du sein trop
longtemps sous-estimé chez
les Noires
Le
risque de cancer du sein chez les femmes noires de plus
de 45 ans aux États-Unis a été largement
sous-estimé jusqu'à présent, révèle
un
nouvel outil statistique, selon une étude publiée dans la
dernière édition en
ligne du journal du National Cancer Institute.
Un
nouveau modèle statistique montre que le risque de cancer du
sein chez les Afro-américaines est deux fois supérieur
à celui évalué
jusqu'alors.
Le «Breast Cancer Risk Assessment Tool», aussi
appelé «Gail model», était
largement utilisé depuis des années pour évaluer
les risques de cancer du sein
chez les Noires et déterminer lesquelles sont éligibles
pour participer à des
essais cliniques de nouveaux traitements anti-cancéreux et
bénéficier aussi de
soins préventifs.
Toutefois, ce modèle est basé sur des statistiques de
cancer du sein chez des
femmes blanches.
Le nouvel outil d'évaluation des risques, dit CARE, a
été élaboré à partir de
données provenant de Noires n'ayant pas eu de cancer du sein et
celles touchées
par la maladie.
Le Dr Mitchell Gail, de l'Institut national américain du cancer,
auteur de
l'ancien modèle et qui a aussi dirigé l'équipe
ayant conçu ce nouvel outil, l'a
ensuite testé, à partir des données provenant de
deux grands essais cliniques
avec le Tamoxifen et le Raloxifene, deux traitements
anti-cancéreux.
Selon le nouvel outil statistique, 30% des Afro-américaines
âgées de 45 ans et
plus avaient un risque d'au moins 1,66% de développer un cancer
du sein sur une
période de cinq ans, soit deux fois plus que selon le
modèle Gail (14,5%).
Toutefois, souligne le Dr Gail, le modèle CARE pourrait
sous-estimer les
risques de cancer du sein chez certaines femmes telles que celles
porteuses des
gènes BRCA de prédispositions héréditaires
à ce cancer.