La carte de la
pauvreté en France
D’après
une étude de l’INSEE, le Nord, les
Bouches-du-Rhône et la Seine-Saint-Denis
sont les trois départements les plus touchés par
la fracture sociale. Un enfant
sur quatre y vit en dessous du seuil de pauvreté.
Etre
un enfant est plus difficile dans le Nord, les
Bouches-du-Rhône et en
Seine-Saint-Denis. Dans ces départements, près
d’un jeune sur quatre vit sous
le seuil de pauvreté – 788€ par mois et
par individu-. Cette proportion est
bien plus importante que la moyenne nationale, qui
s’établie à 16,4%. C’est en
effet dans la Seine-Saint-Denis et les régions Nord et PACA
que l’on trouve le
plus de pauvres et d’inégalités.
Ainsi
une
enquête de l’INSEE publiée
vendredi révèle l’étendue
des disparités. Dans
le Pas-de-Calais, le département le plus pauvre, un habitant
vit avec 13.740
euros par an contre 20.360 euros par an et par personne dans les
Yvelines, le
département le mieux nanti de France. Autre signe de
l’importance des
inégalités existantes, en 2004, la
moitié des Français dispose d’un niveau
de
vie inférieur à 15 766 euros par an. En
métropole, seuls 26 départements se
situent au-dessus de cette médiane.
Pauvreté intense dans
les Bouches du Rhône
Dans
la région Nord, c’est l’important taux
de chômage qui explique la misère. Le
Nord et le Pas-de-Calais, présentent un taux de
pauvreté record de 16.5%
surtout concentré dans les zones urbaines. Dans le
Languedoc-Roussillon, la
Corse et la Provence-Alpes-Côte d’Azur,
c’est un facteur totalement différent
qui entre en cause. Là-bas c’est la situation
familiale qui favorise l’ampleur
du dénuement.
Dans
ces régions, on compte
énormément de familles nombreuses
où coexistent
plusieurs générations et de familles
monoparentales. La précarité de la
structure familiale frappe particulièrement les
Bouches-du-Rhône. Là-bas, la
pauvreté est intense : les niveaux de vie des
ménages pauvres sont souvent
situés très en dessous du seuil de
pauvreté. La Seine-Saint-Denis, qui présente
les mêmes profils familiaux difficiles est
également très touchée par la
pauvreté.
Paris,
capitale des inégalités
Ce
département est d’ailleurs une exception en
Île de France. Trois départements
franciliens où résident de nombreux de cadres,
les Yvelines, Paris et les
Hauts-de-Seine, se distinguent par des niveaux de vie
particulièrement élevés.
La capitale est toutefois la championne des
inégalités de revenus. Le niveau de
vie des plus riches est plus de 5 fois supérieur
à celui des plus modestes.
Autres
départements où les conditions de vie sont
agréables, l'Alsace, la Haute-Savoie
et la Franche-Comté. Ces départements
bénéficient des salaires plus
confortables des salariés frontaliers qui travaillent en
Suisse et en
Allemagne.
Enfin
l’étude de l’INSEE souligne le
rôle clé des prestations sociales qui
atténuent
les effets de la pauvreté. Les allocations comptent pour le
tiers du revenu
disponible des ménages pauvres, contre 5,4% du revenu
disponible moyen des
ménages.
Constance
Jamet (lefigaro.fr) avec AFP.