pyepimanla





accueil
Accueil actualites
Actualités forum
Forum annonces
Annonces archives
Archives


Une poupée vaudou avec vos bananes ?

Jean-Christophe Laurence


patrick sanfaconDe prime abord, l'endroit n'a l'air de rien. Les murs sont blancs, il y a des néons et les étagères semblent plus ou moins garnies. Situé boulevard Pie-IX, le Carnaval des Antilles n'est pas sans rappeler toutes ces petites épiceries exotiques, qui tiennent les produits de base pour accommoder leur communauté.

Mais plus on explore, plus ce mini-marché révèle ses secrets. Et pas n'importe lesquels.

En fait, le Carnaval des Antilles serait plutôt un genre de magasin général. On y vend de la bouffe bien sûr. Tout ce qui sert à faire de la cuisine créole. Du riz, des bananes plantains, des pois, de la cassave, des pistaches, du thé haïtien, des noix de coco, du piment et des citrouilles vertes pour faire la traditionnelle soupe du jour de l'An.

Mais on y vend aussi un tas de produits de beauté. Pour elle et pour lui.

Derrière la caisse et courant le long d'un mur complet, les étagères sont remplies de parfums, de crèmes défrisantes, d'huile «palma christi» pour les cheveux, de mèches artificielles, de déodorants et de savons éclaircissants pour la peau - un grand succès, paraît-il. «Beaucoup de nos clients viennent surtout pour les cosmétiques», explique Bernard André, gérant de la boutique depuis 10 ans.

Selon lui, le marché devait élargir ses activités. Parce que la bouffe ne suffisait plus à faire rouler la shop. «Maintenant, même les grandes surfaces tiennent des produits culinaires antillais. C'est une grosse concurrence. Il a fallu qu'on s'ajuste»

Le culte des «loas»

Jusque-là, rien de trop dépaysant. Le Carnaval des Antilles est une sorte de Jean-Coutu pour Haïtiens du quartier Saint-Michel. La différence, c'est qu'au Carnaval, un rayon complet est aussi consacré au culte des «loas», équivalents vaudouesques de nos «saints», ou des "orishas" cubains.

Situé au fond à droite, ce petit rayon religieux est de loin l'attraction principale du magasin. Plusieurs objets sans signification apparente sont disposés à vue, et vendus à des prix ridicules. Des épis de blé d'Inde séchés, des lampes à huile ésotériques, des bouts de bois attachés ensemble, des bouteilles d'alcool décorées, «pour les offrandes».

Par terre dans un panier, on trouve même d'authentiques poupées vaudou, cousues avec du tissu et du poil, certaines possédant même un membre viril! Pour accompagner le tout, il y a plusieurs petites bouteilles avec des étiquettes écrites en créole. À part «Chance» et «Benjoin», on n'y comprend rien. Mais les noms sont plutôt poétiques: «Respecté Capitaine», «Digo le Diable», «Campé loin», «Crazé rack», «7 bons d'los», «For vlé» et bien sûr, «Volé barrière»...

M. André assure que cette section a sa clientèle. «Les produits servent surtout à régler les problèmes au travail et dans le couple. Mais on sert aussi pour lutter contre la maladie et les envoûtements», précise-t-il.

Mais attention: n'utilise pas qui veut! «Il y a tout un rituel», souligne le vendeur. «Et il vous faut un prêtre vaudou...»

Ah bon. Et ça, et on trouve ça où? Dans les grandes surfaces?

Carnaval des Antilles

8529, boul. Pie-IX. 514-722-0019
Source

Le samedi 20 oct 2007