FESTIVAL
INTERNATIONAL KRÉOL DE MAURICE
2ÈME ÉDITION SOUS LE THÈME
“KRÉOLITÉ, LE RÉVEIL”
Un
réveil qui s’annonce difficile pour une créolité
encore à définir
C’est sous le
thème « Kréolité, le
Réveil » que s’est ouvert
samedi la seconde édition du Festival International Kréol
de Maurice qui se
veut le rendez-vous incontournable de la célébration de
la créolité, concept
totalement nouveau à Maurice. Une manifestation à
caractère culturel qui ne
doit pas se résumer, selon le gouvernement, à son aspect
festif. Ce festival
prétend en effet ouvrir une porte vers la reconnaissance et
l’appropriation par
les Mauriciens d’une identité et d’une culture créoles,
commune à tous. Mais
derrière l’affichage politique, le développement de la
filière tourisme
culturel, l’Etat mauricien devra encore, au delà de ce festival,
agir
concrètement en faveur de la réhabilitation des
créoles de Maurice, stigmatisés
comme les descendants d’esclaves, les porteurs d’une histoire coloniale
encore
déniée. Le réveil sera difficile, long mais
nécessaire.
C’est à
l’Hôtel “La
plantation” de Balaclava, situé à 10 minutes de
Pamplemousses dans le Nord de
l’île, que le Premier Ministre, Navinchandra Ramgoolam, le
Vice-Premier
Ministre et Ministre du Tourisme des Loisirs et des Communications
Extérieures,
Xavier-Luc Duval, accompagnés d’intervenants mauriciens, de
Guadeloupe et de
Martinique, ont donné le coup d’envoi de cette seconde
édition qui se tiendra
du 1er au 8 décembre aux quatre coins de l’île Soeur.
Pas de peuple, d’identité créoles à Maurice
Seychelles,
Rodrigue, Réunion, iles Caraibes, Guadeloupe, Martinique,
Australie : artistes musiciens, poètes, danseurs,
stylistes,
universitaires d’horizons créoles divers ont répondu
cette année encore à
l’invitation du gouvernement mauricien. Un gouvernement qui, fort du
succès de
l’édition précédente, mise en place en seulement
deux mois, à cette fois-ci
soigné son organisation et sa communication. Ce sont au total,
entre médias et
invités, près de 200 personnes qui sont
rassemblées pour faire vivre et
diffuser cet événement qui se veut national et vise un
rayonnement
international.
Sachant que 18
millions de personnes se reconnaissent créoles de part le monde,
que déjà plus de 15 festivals du genre existent, que
depuis les années 80 et la
création du Collectif Bann Zil, les anciennes colonies n’ont
jamais cessé
d’échanger : l’île Maurice ne voulait pas rester plus
longtemps à l’écart
de cette dynamique d’ouverture et d’expression des identités
créoles. Elle veut
aujourd’hui affirmer son appartenance au monde créole. Mais,
comme nous l’avons
déjà précisé l’année dernière
(voir édition du 4/12/06), le sens du mot créole
à Maurice n’a pas celui que l’on entend à La
Réunion par exemple. Le créole ne
désigne pas celui qui est né dans l’île, quelle que
soit la terre de ses
ancêtres, mais le descendant d’esclave, à la peau noire et
aux cheveux “konyé”.
Il n’y a pas de peuple créole à Maurice, pas
d’identité créole. Le mot créole
est lui-même tabou et les créoles mauriciens constituent
la population la plus
défavorisée, victime des stéréotypes et du
rejet des autres communautés
mauriciennes. Car à Maurice, l’on est avant tout
hindo-mauricien,
chino-mauricien, franco-mauricien, créole-mauricien ou
afro-mauricien avant
d’être Mauricien.
La Constitution de
1968 puis après elle, le gouvernement mauricien, ont figé
puis encouragé les différences ethno-culturelles qui se
traduisent aujourd’hui
par une fragmentation de la population, un marquage communautaire, des
inégalités sociales fortes. Les hindous occupent avant
tout les postes d’État,
alors que les créoles sont relegués aux tâches
ingrates, à la précarité, au
dénuement structurel, au chômage. Cette organisation de la
société mauricienne,
source d’exclusion, de conflits, le gouvernement dit ne plus en
vouloir. Il
espère à travers ce festival impulser la construction
d’une unité nationale, en
passant par la voix culturelle, la reconnaissance du fait culturel
créole qui
s’exprime dans la musique, la cuisine, la tradition vestimentaire,
marqueurs
les plus visibles.
« Oui
je suis créole, fier d’être créole...
»
C’est ainsi que
samedi, lors du débat inaugural, le public
principalement créole (au sens mauricien) venu nombreux en cars
affrétés par
les autorités, arborait chemises à fleurs, robes du
folklore traditionnel et
chapeaux de paille. Un affichage de forme, un déguisement pour
certains, mais
qui selon Xavier-Duval, n’est qu’un pan de l’expression de la culture
créole
qui est avant tout le fruit d’un brassage de différentes
cultures issues de
différentes ethnies. « C’est la première
fois que l’Etat mauricien
valorise la culture créole, la met sur un piédestal, veut
lui donner ses
lettres de noblesse, lui offre le moyen de s’exprimer et de s’affirmer »,
a-t-il précisé. Un acte fort de la part de l’Etat qui
souhaite que les
Mauriciens prennent conscience et soient fiers d’être
créoles. « Oui je
suis créole, fier d’être créole, fier d’être
né à l’île Maurice »,
affirmera le Vice-Premier Ministre, comme pour ouvrir la voix d’une
expression
commune. C’est selon lui, « l’objectif premier de
ce festival
que de donner un coup d’accélérateur au réveil de
cette fierté d’être créole à
Maurice (...) un réveil en faveur du respect de la culture
créole et de sa
valeur. » Un festival comme un appel à
« vivre notre
culture sans complexe, à stimuler la conscience créole,
à rejoindre la grande
famille créole. » Le gouvernement a
également annoncé vouloir
travailler de façon plus concrète au regroupement des
créoles du monde, vouloir
créer un espace de rassemblement pour débattre de leurs
intérêts communs qu’ils
soient politiques, culturels, environnementaux... En écho
à l’interrogation
portée par son Vice-Premier Ministre : « Comment
grandir avec
dignité si l’on n’est pas fier de sa culture, de ce qu’elle
représente ? »,
Navinchandra Ramgoolam a justifié quant à lui de
l’importance de cette
manifestation par la nécessité pour l’homme mauricien de
comprendre d’ou il
vient pour savoir ou il veut aller.
L’égalité
des chances à Maurice : « ça viendra
»
Un poncif certes,
mais jusque là absent des discours officiels à
Maurice. Débats et réflexions autour du créole et
de la créolité s’imposent si
l’on veut générer, selon le Premier Ministre mauricien,
une prise de conscience
de l’héritage créole. « La
créolité est intimement liée à l’histoire
du
peuplement », soutiendra encore Navinchandra Ramgoolam
qui souhaite
que plus que l’oppression dont elle est marquée, l’on retienne
le « brassage
des cultures » qui en résulte et qui interpelle
le monde.
Même si
c’est de son rôle, l’État fixe ici la barre très
haut sachant que
l’oppression est encore vécue aujourd’hui par les créoles
de Maurice, que
l’esclavagisme est un sujet encore tabou, du moins dans les
écoles, et que le
brassage culturel auquel il réduit la créolité est
loin d’être pacifiée dans
l’île Soeur. Néanmoins, le gouvernement mauricien semble
vouloir poser les
bases de cette pacification, invitant à ne pas céder au
repli identitaire, à
parler de l’homme mauricien comme d’un citoyen à part
entière, quelle que soit
sa religion, la terre de ses ancêtres. « Il existe
des cloisons entre
nous, soutiendra Navinchandra Ramgoolam. On peut vivre
ensemble, à une
condition : de le vouloir. Maurice a connu diverses mutations,
mais il
faut aller vers l’interculturalité (...) Il faut
éviter les revendications
identitaires, le protectionnisme culturel qui nous renferment, pour
créer une
conscience de citoyenneté mauricienne. »
Un citoyen est
celui qui a des droits mais aussi des devoirs inscrits dans la
constitution. Sur ce point, le Premier Ministre accordera que la loi
sur
l’égalité des chances n’est pas encore effective à
Maurice car complexe, selon
lui, à mettre en oeuvre. « Mais, ça viendra. »
Enfin, une
annonce d’importance mais dont on ne sait trop s’il s’agit d’un
engagement ou
seulement d’un souhait : Navinchandra Ramgoolam a estimé
que la précision
de « population générale »
apposée sur la carte d’identité des
créoles de Maurice doit disparaître au profit du marqueur
« kréol »
sur toutes les cartes d’identité mauriciennes. A suivre.
Réhabiliter les créoles mauriciens au sein de la
population
La
langue, dénominateur commun à tous les Mauriciens,
constitue déjà un élément
unificateur, même si certains réclament qu’elle soit
officiellement reconnue,
notamment en trouvant sa juste place dans le système
éducatif (voir par
ailleurs).
Après
les discours officiels, ce fut au tour des
quatre intervenants siégeant à l’estrade de prendre
à tour de rôle la
parole : Arnaud Carpooran, linguiste mauricien, Maitre de
Conférence à
l’Université de Maurice et auteur du premier Diksioner
morisien ; Patricia
Chatenay-Rivauday, guadeloupéenne, responsable
d’Ingénerie de Formation dans
une Institution Consulaire, auteur de poésie et militante active
de la culture
créole ; Rodolph Etienne, journaliste martiniquais, auteur
de plusieurs
ouvrages en créole ; et Dev Virahsawmy,
spécialisé en littérature
mauricienne, auteur de poésie, proses et pièces de
théâtre en créole. Nous vous
proposons un aperçu de leurs interventions dont la
tonalité générale est de
saluer l’initiative de ce festival à Maurice mais aussi
d’appeler à des actions
concrètes de la part du gouvernement afin de favoriser la
réhabilitation
effective des créoles mauriciens au sein de la population.
Extraits.
• Arnaud Carpooran
« La
justice, c’est que l’État fasse un geste
très concret en direction du créole pour sa
reconnaissance officielle »
Intervenu
également lors de la cérémonie
d’ouverture de la première édition du festival en 2006,
dont le thème était
« Ki Kreolité ? », l’Universitaire
Arnaud Carpooran a placé son
intervention sur le thème : « Lalang ek kiltir
kreol, zistis ek
verite ».
A noter que justice et vérité est l’appellation d’une
commission promise en
1995 par Navinchandra Ramgoolam et dont le but était
d’indemniser les créoles
mauriciens à savoir les descendants d’esclavage pour les
préjudices subis et
engendrés par l’histoire. Cette annonce fortement politique et
démagogique n’a
pas été suivie. Pour Arnaud Carpooran, la
vérité consiste en la réhabilitation
de la mémoire de l’esclavage, sachant qu’aujourd’hui encore, les
créoles
mauriciens sont considérés dans leur pays comme les
auteurs de l’esclavage,
coupables de la colonisation. « Le peuple créole a
ainsi construit un
sentiment de honte de sa culture, de son identité, de sa langue,
de sa musique.
La réhabilitation est nécessaire pour que chacun regarde
sa valeur. »
L’universitaire a invité à réfléchir sur
les causes de la persistance de ce
sentiment négatif du créole, de la
créolité, de la créolisation. « Les
effets pervers de la colonisation » jouent ici selon lui
un rôle
important. « En imposant une vision du monde, la
colonisation a
instauré une relation de supériorité à
infériorité entre les hommes. Le racisme
a combattre n’est pas entre les hommes, entre nous ; ce qu’il faut
combattre, ce sont les discriminations en lien avec la couleur de la
peau, les
discriminations aux CV. » Pour réhabiliter
l’histoire de l’esclavage,
il faut selon l’universitaire, revenir à l’origine de la langue
créole qui, à
travers le séga, les sirandanes, les proverbes, a beaucoup a
dire sur le mode
de vie des esclaves. S’appuyant sur une étude
réalisée en 2000, auprès
de la population mauricienne, Arnaud Carpooran a rappelé que,
au-delà de son
lien avec l’histoire esclavagiste, la langue créole est
adoptée par la
population. « Il faut que le système
éducatif prenne compte de cette
réalité et travaille avec », a
affirmé l’universitaire. Le créole
n’a pas été encore proclamé par l’Etat. La justice
c’est que l’Etat fasse un
geste très concret en direction du créole pour sa
reconnaissance officielle,
que des actions soient conduites au sein du système
éducatif. » Mais
aussi, que les documents officiels soient retranscrits en créole
pour être
compris de tous, sachant qu’à Maurice la graphie ne fait plus
débat mais est
déjà établie. « Ce serait un
élément concret pour montrer que le
festival n’est pas juste un événement politique. La
langue créole ne doit pas
être cantonnée à l’Université mais c’est le
grand public qui doit s’approprier
la réflexion sur la créolité. Vouloir faire
prendre conscience de la culture
créole, de la créolité doit donc passer par des
mesures concrètes. »
•
Rodolphe Etienne
«
La créolisation est une force
inéluctable »
L’intervention du journaliste a porté sur « Le
réveil de la diaspora
créole ». Assez technique et universitaire, loin
d’etre dénué
d’intéret, son propos s’est néanmoins avéré
assez difficile d’accès. L’on
retiendra que pour Rodolphe Etienne, dans la continuité des
actions conduites
par certains précurseurs antillais (Bernabé, Confiant,
Chamoiseau, Prudent),
« l’identité créole encore à
conquérir. » Cela passe déjà,
selon lui, par une prise de conscience intérieure, « la
volonté
d’affirmation de notre réalité identitaire. »
S’appuyant sur le
concept de pan créolité, qui soutient la
possibilité d’une identité créole
fédérant tous les peuples créoles du monde, il a
soutenu que cette réflexion
« ouvre les portes d’un autre monde, sur
nous-mêmes, peuples de
rencontres, du métissage, de l’avenir. » Le
peuple créole est selon
lui encore jeune, en formation et ne doit négliger aucun des
aspects qui nous
lient à l’universalité du monde. « La
créolisation est une force
inéluctable. Laissons-là s’épanouir en nous comme
autant de portes ouvertes sur
le monde. »
•
Patricia Chatenay-Rivauday
«
C’est la femme qui aidera l’homme à
faire la société créole de demain »
Cette militante active de la cause créole en Guadeloupe est
intervenu pour
parler de l’engagement et du rôle des femmes de son pays en
faveur de la culture,
de la langue, de la jeunesse. Il faut selon elle que toutes les femmes
des
peuples créoles s’unissent pour collaborer à concevoir
l’éducation de leurs
enfants, apprennent à se connaître, à travailler
ensemble. « Les jeunes
sont l’avenir du monde, a rappelé Patricia
Chatenay-Rivauday. Si on ne
les accompagne pas pour qu’ils grandissent dans
l’interculturalité, le partage,
la solidarité, nous risquons de nous perdre. »
Depuis 4 ans, avec le
soutien du Ministère français de la francophonie, elle
organise avec un tissu
associatif de femmes des concours de peinture et de poésie dans
les lycées par
lesquels sont transmis les valeurs du vivre ensemble en s’appuyant sur
la
langue créole. Elle a rappelé que depuis 4 ans justement,
la violence, la
drogue, la pornographie engendrent autant de drames chez la jeune
population
antillaise qui a besoin de se réunir autour d’activités
ludiques et
culturelles, de libérer la parole, d’exister. D’année en
année, le nombre de
participants à ces ateliers n’a cessé de croître.
Des jeunes de tous horizons
sociaux, issus même de l’immigration (Haïti, Sainte-Lucie,
Dominique), qui
après un premier temps de friction, ont appris à se
connaître, à
s’accepter : « les ravages du colonialisme se
dissipent. »
« Il est encore très mal vu que les femmes
proposent des projets aux
politiques, aux chercheurs, a affirmé Patricia
Chatenay-Rivauday. Mais nous
sommes des témoins de la réalité, témoins
du travail que l’on a fait avec ces
jeunes. Il est important que la nouvelle génération soit
formée par le système
éducatif et par nous, parents. Il ne faut pas avoir de crainte
à parler avec
nos enfants en créole. Il est fini le temps ou enfants, on nous
interdisait de
parler créole, langue vulgaire. Soyez fiers d’être et de
parler créoles. »
S’adressant ensuite aux hommes de l’assemblée, elle les a
invité à donner la
main à leurs épouses, aux femmes qui sont à leurs
cotés : « c’est
elle qui vous aidera à faire la société
créole de demain. » Alors même
si les océans nous séparent, même si nous sommes
emprunts d’individualités,
nous sommes « un même peuple » qui
pouvons nous comprendre car
« la mer n’a jamais arrêté les sentiments et
l’amour. » Une
voix de femme, une énergie de femme, une vérité de
femme qui souhaitent
rassembler toutes celles des sociétés créoles des
5 continents pour que naisse
une Fédération des femmes créoles, capable de
conduire ensemble, leurs enfants
sur le chemin d’une conscience identitaire épanouissante et
ouverte au monde.
Un vaste projet mais une volonté de fer qui ne craint pas, mais
se nourrit
d’utopie pour avancer et ça marche.
• Dev
Virahsawmy
Le
réveil du peuple qui doit conquérir ses droits
Le linguiste et écrivain mauricien qui occupa un temps aussi des
responsabilités d’Etat, a clôturé les interventions
en, comment dire...,
mettant les deux pieds dans le plat et de bon coeur. Son propos a
porté sur
« Lang kreol morisien, bann Afro kreol et developman
Repiblik Moris »
et reçu le plébiscite général de
l’assemblée.
« Il faut arrêter de faire les hypocrites
»
Il a tout d’abord rappelé que le créole mauricien est la
langue maternelle de
80% de la population et donc, « qu’on le veuille ou non,
le créole est
notre langue nationale. Il faut arrêter de faire les hypocrites. »
Il
est nécessaire selon lui de comprendre que la force d’une langue
est dans son
écriture. D’une part, parce qu’une langue écriture
circule sur Internet, est
diffusée, vit dans le monde et d’autre part, que les
apprentissages ne sont
plus aujourd’hui oraux mais écrits. Le problème est
qu’aujourd’hui, le système
éducatif mauricien gaspille les ressources des enfants en
tentant de leur
apprendre la lecture, l’écriture et à compter dans trois
langues différentes.
Vantardise selon lui que de prétendre que les Mauriciens sont
polyglottes quand
on sait que seulement 20% des enfants maîtrisent les fondements
basiques de la
littérature fonctionnelle, à savoir ont un niveau CP.
C’est une grande chance
selon lui que l’éducation soit gratuite mais encore faut-il
qu’elle apprenne
aux enfants à lire, aux adultes à décrypter les
journaux. Les expériences
jusque là menées la réussite des
élèves suivant un apprentissage en langue
créole et même permis de constater que ces derniers
maîtrisaient par là même
beaucoup mieux l’anglais. « Nous sommes capables de
créer, de construire
dans notre pays un bilinguisme officiel créole/anglais, pas
approximatif, mais
réel, solide et d’introduire une troisième langue
dès le second cycle »,
a affirmé Dev Virahsawmy.
Contrôle
du pouvoir, des médias
Il y a selon lui à Maurice un important travail politique mais
aussi sur la
démocratie à fournir, considérant que ni la
langue, ni les gens qui la parlent
ne doivent être perçus comme un problème.
« Ce sont les afro-créoles
qui ont besoin de la solidarité, d’un coup de main »,
rebondit-il ainsi.
Besoin d’une école juste, d’une économie qui ne les
laissent pas sur le banc de
touche, besoin que les terres que leurs ancêtres ont fait
prospérer, leur soit
restituées, donc besoin d’une réforme agraire pour vivre
dignement. Le réveil
qui est mis en exergue pour ce festival doit avant tout pour lui
être celui du
peuple qui doit conquérir ses droits, être reconnu dans
ses qualités (les
créoles sont d’excellents artisans) et non creuser sa propre
tombe. Violence,
drogue, prostitution, le dynamisme économique de l’île ne
doit pas effacer ses
nombreux problèmes sociaux : il y a du travail à
faire, de l’argent des
taxes à investir (les Mauriciens versent 15% de leur salaire en
impôt à
l’Etat). « Le néo-libéralisme prend le
contrôle du pouvoir, des médias,
ce festival est certes le moment d’une réflexion, d’un
réveil, celui du peuple
qui doit ouvrir les yeux ! »