Il fallait le dire et ce fut
dit !
Alors que nous n'arrivons
pas à prendre les décisions politiques fermes et
tenaces qui s'imposent pour
défendre notre bel environnement qui est en passe de devenir
le plus bétonné et
le plus désherbé de la Caraïbe, alors
que, plutôt que l'inverse, c'est encore
et toujours un pays éloigné d'un
océan, qui ne voit le soleil que quelques mois
par an, qui nous inonde de ses fruits et légumes, pommes et
poireaux, et de
milliers de tonnes de déchets sans retour, voici que les
décideurs de la Réunion
nous dament le pion !
J.S.
S.
L'île de la Réunion veut être
pionnière en matière de développement
durable
En
matière de développement
durable, l'île de la Réunion pourrait faire figure
d'élève modèle. C'est une
des conclusions de la réunion qui s'est tenue, vendredi 5
octobre, à
Saint-Denis, lors de la phase de consultation des publics du Grenelle
de
l'environnement.
Ce
département produit déjà 40 %
d'énergies renouvelables, à travers des
installations comme la centrale thermique de Bois-Rouge utilisant la
bagasse
(résidu de canne à sucre), la ferme
photovoltaïque du Port, la centrale
hydraulique et la ferme éolienne de Sainte-Rose.
La Réunion est
aussi le premier département français pour
l'utilisation de chauffe-eau solaires : 80 000 appareils de ce type
fonctionnent sur l'île et leur nombre s'accroît de
10 000 par an. Et le conseil
régional, avec l'aide d'EDF, a mis en circulation
près d'un million d'ampoules
basse tension, vendues un euro pièce.
Principale ombre au tableau :
la voiture. Environ 27 000
nouveaux véhicules sont immatriculés chaque
année. Ce chiffre élevé s'explique
à la fois par la passion des Réunionnais pour
l'automobile et par l'absence de
transports collectifs performants. Outre les émissions de CO2,
cet
engouement a des effets immédiats sur l'environnement.
Les batteries
usagées ne peuvent être ni retraitées
sur
place ni transférées en métropole. "Il
faudrait mutualiser les moyens
et développer la coopération régionale
avec les pays de la zone en matière de
traitement des déchets", a
suggéré un intervenant. Parmi les autres
propositions évoquées au cours des
débats : conditionner la défiscalisation et
le versement des aides publiques au respect des normes
environnementales.
Le responsable
régional des Verts, Jean-Pierre Espéret, a
regretté que le Grenelle n'ait pas abordé la
question de la pollution des sols.
"Avec le chikungunya, des insecticides ont
été pulvérisés en masse.
Qu'en est-il de leur persistance dans l'environnement ? Il faudrait
faire chez
nous l'équivalent du rapport Belpomme (portant
sur la pollution au
chlordécone aux Antilles)", a-t-il
déclaré.
"L'OUTRE-MER A
ÉTÉ OUBLIÉ"
Les Terres australes et
antarctiques françaises (TAAF),
dont l'administrateur, Eric Pilloton, réside à la
Réunion, ont été citées
comme
exemple d'une exploitation à la fois concurrentielle et
durable des ressources
de la mer. Un label qualité pourrait voir le jour. Les TAAF
abritent notamment
la légine, un poisson recherché, dont la
pêche est exportée principalement vers
l'Asie.
José Gaillou,
vice-président de la région Guyane, qui
participait aux débats, a regretté que les autres
départements d'outre-mer
n'aient pas été pris en compte. "Dans
ce Grenelle, l'outre-mer a été
oublié, a-t-il déploré. On
nous demande de donner notre avis sur un
travail qui est déjà ficelé. Quand on
a besoin d'une vitrine en matière de
biodiversité, on met l'outre-mer en avant. Mais on ne le
consulte pas. Nous
n'avons besoin de personne pour parler à notre place.
Pourquoi n'a-t-on pas
sollicité les Amérindiens et les
Bushinengués de Guyane ?"
Le président du
conseil régional, Paul Vergès, a
comparé
le développement durable à "une longue
marche vers un nouvel ordre
mondial de l'économie et de l'écologie".
"Dans certains
domaines, nous sommes en tête d'un mouvement qui va changer
le monde",
a-t-il souligné.
Le secrétaire
d'Etat à l'outre-mer, Christian Estrosi, a
clôturé les travaux en rappelant que l'outre-mer
français représentait "97
% de la superficie des eaux maritimes françaises" et
possédait
"l'un des quinze derniers massifs de forêt tropicale non
encore fragmenté
par les activités humaines (en guyane)et le
deuxième lagon du monde (en
Nouvelle-Calédonie)".
"La France gère et
maîtrise la deuxième plus grande
surface océanique du monde, après les Etats-Unis", a-t-il ajouté. M.
Estrosi a déclaré souhaiter la
création d'un Observatoire biodiversité et
valorisation de l'espace maritime français, sur le
modèle du sanctuaire Pelagos
de protection des mammifères marins en
Méditerranée.
Xavier
Ternisien
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