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![]() Après
l'informatique, Bangalore se rêve en capitale mondiale de la rose
A quelques
kilomètres des campus informatiques de Bangalore, le bourg d'Hosur abrite la
plus grande roseraie d'Asie. Là où, il y a encore cinq ans, la terre, aride,
était abandonnée par les paysans, Najeeb Ahmed, un ancien avocat, a décidé de
quitter le droit pénal pour tout miser sur l'horticulture. Sous les 34 hectares
de serres, 70 millions de fleurs sont désormais cultivées chaque année. Le
bonheur des roses tient d'abord aux conditions climatiques du sud de l'Inde. "La
température est toujours comprise entre 22 et 28 degrés, le taux d'humidité
optimum, et les fleurs bénéficient d'au moins douze heures de lumière naturelle
par jour", indique ainsi M. Ahmed. Destinées à l'exportation vers le
Moyen-Orient, l'Europe, et l'Asie, les roses cultivées pourront bientôt être
expédiées depuis l'aéroport international de Bangalore, dont l'ouverture est
prévue en mars 2008. Hosur
bénéficie du statut de zone économique spéciale. L'agence gouvernementale du
Tamil Nadu, un Etat du sud de l'Inde, détient 50 % du parc Tanflora, et a
participé, aux côtés de M. Ahmed, aux investissements dans les infrastructures.
Des routes ont été construites, des réservoirs protégeant l'eau des impuretés
ont été importés des Pays-Bas et le système d'irrigation a été inspiré de ceux
qui existent en Israël. Car
la culture des roses exige beaucoup d'eau : quelque 2,5 millions de litres sont
nécessaires chaque jour. Le précieux liquide est puisé dans les puits des
bourgs voisins, ou dans les réserves constituées lors de la mousson. Une
rivière pourrait même être bientôt détournée pour alimenter les serres. Vingt-cinq
horticulteurs louent les infrastructures mises à leur disposition. Ces
cultivateurs d'un nouveau genre, qui passent la semaine dans les tours de verre
de Bangalore, ont bâti leur fortune dans l'informatique et ont confié le suivi
de leurs cultures à des ingénieurs agricoles. "J'ai voulu concilier la
passion de l'investissement avec celle des roses. Avec la hausse du niveau de
vie, les Indiens se rendent chez des amis avec une bouteille de vin. Bientôt
ils apporteront des roses", estime Sudhakar Shetty, analyste financier
et cultivateur. A
l'approche de la Saint-Valentin, les commandes ont afflué du monde entier,
d'autant que cette année, les importations en provenance du Kenya ont chuté en
raison des troubles politiques. Sous les serres de Tanflora, des dizaines de
femmes ont donc été recrutées pour répondre à la hausse de la demande. Vêtues
de sari, elles arpentent les roseraies un sécateur à la main. "Elles
seules savent couper les roses avec délicatesse", murmure le
contremaître. Aux hommes de transporter les roses dans des camions. Dans
un immense hangar, les fleurs sont ensuite triées à la main, puis stockées dans
des chambres froides. Les variétés diffèrent selon la destination. "Les
Russes préfèrent les roses aux larges pétales, mais à la courte durée de vie,
tandis que les Européens préfèrent des fleurs plus modestes mais qui durent
plus longtemps", commente M. Ahmed. Et
puisque, à 40 kilomètres de Bangalore, la tradition de la "recherche et
développement" se doit d'être respectée, une chambre froide de
"test" a été créée. Elle abrite les nouvelles fleurs susceptibles
d'être lancées sur les marchés du monde entier. La longue rose Taj Mahal y est maintenue
à une température européenne, entre 14 et 16 degrés. Grâce
au faible coût de la main-d'oeuvre - les ouvriers sont payés en moyenne 2 euros
par jour - les roses sont vendues deux fois moins cher qu'en Europe. Dans les
bases de données de Tanflora, toutes les fêtes nationales du monde entier sont
répertoriées. Du 8 mai au 11 novembre, en passant par le jour de la Fête des
mères. Mais
c'est surtout pendant l'hiver que les cultivateurs indiens sont les plus
courtisés. A cette période de l'année, leurs concurrents hollandais ou Français
doivent augmenter leur dépense en énergie pour conserver les roses à la bonne
température et les baigner de lumière artificielle. Tanflora
a exporté cette année 3 millions de roses pour la Saint-Valentin et espère
tripler sa production l'hiver 2008. "L'Inde possède avec le Taj Mahal
le monument de l'amour. Il ne nous reste plus qu'à inonder le monde des roses
de l'amour", confie M. Ahmed, avant de conclure : "La
croissance économique de l'Inde ne se résume plus seulement à
l'informatique." Pyepimanla le magazine antillais d'informations recence l'actualité de la saint Valentin dans le monde
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