| Actualités | Forum | Liens | Annuaire | Boutique | Contact |
|
![]() Les lupercales, quand le soleil rencontre la lune
Lors des lupercales, une fête en l’honneur des dieux solaires Pan, Lupercus, Faunus,
Inuus (dieu sabin fécondateur des troupeaux et des hommes, qui se rapproche de Pan Lycaeus) au mois de février, dernier mois de l’année romaine, un mois consacré
aux expiations et où le peuple se purifiait par l’eau lustrale. Outre, les pratiques de flagellation censées être
fécondatrices, le 14 février, jour de notre saint Valentin, les Romains
organisaient une loterie : des jeunes filles inscrivaient leur nom sur un
parchemin qu’elles déposaient ensuite
dans une jarre et les garçons tiraient au sort le nom de la jeune fille, qui
restait avec lui tout le temps que durait le banquet. Cette « tradition » était placée sous la protection de
la déesse Junon[1]. Une déesse
complexe n’ayant pas d’équivalent dans la Grèce antique, bien que ce soit à
l’origine une déesse pélasgique. A tort, on l’amalgame avec Héra et à tort on en fait l’épouse de Jupiter, Junon se confond avec un grand nombre de déesses et
autant de fonctions, il suffit de lui ajouter un attribut. Par
ailleurs, beaucoup l'identifie à ce mois, février serait son mois (Junon) Fébrua,
Fébruus, Fébrualis, Frébrulis, Fébruata, mais comme nous l’avons indiqué dans le dossier spécial carnaval, l’origine
de ce mois est à mettre en rapport
avec les dieux des Enfers. Le 14 février, c’est Junon la déesse-Reine, du
mariage, de la fécondité, de l’accouchement
qui présidait à la grande loterie amoureuse. Elle était pleinement
associée aux lupercales, la peau de chèvre dont les luperques se servaient pour
couvrir les femmes afin de les purifier,
se nommait le manteau de Junon. Dans les Fastes Ovide explique : « les
Luperques les frappaient avec des lanières provenant de la peau d'un bouc
offert en sacrifice, sur l'injonction de Junon Lucina, vénérée comme favorable
aux accouchements. » Junon Lucine s’apparente à la lune (celle par qui on vient
à la lumière, déesse de la naissance, déesse de la vie) elle correspond à la déesse
égyptienne Seven, Sovan, Soaven –Ilhya[2], et le rapport entre les lupercales et cette
déesse lunaire, dans les notes du dictionnaire…. « est prouvé par une médaille représentant Junon Lucine
qui d’une main tient la haste et de l’autre le fouet des Luperques. » Ainsi est reconstitué le couple divin : le dieu
solaire Pan, Lupercus… et la déesse
lunaire Lucine à l’instar du dieu bélier Banebdjedet protecteur de
Mendès et la déesse poisson Hatméhyt. Le rapport de Junon Lucine avec les lupercales est bien plus complexe qu’il n’y paraît, c’est une déesse prophétique, comme Lupercus et : « On consulte Junon-Lucine dans un bois de l'Esquilin. " Mères du Latium, qu'un bouc velu vous féconde", répond l'oracle, heureusement interprété par un augure. Il immole un bouc, fait un fouet de la peau de la victime, et les femmes, dociles, à l'ordre de Lucine, viennent s'offrir à ses coups. Elles sont ainsi rendues mères. La substitution fait honneur à la sophistique latine, mais elle ne peut tromper; il s'agit à l'origine de déguisés carnavalesques en boucs-loups (luperques) qui fécondaient les femmes.[3] »
Les deux cultes, lunaire et
solaire sont intégrés en un. L’auteur de l’extrait précise que ce sont des
boucs-loups qui fécondaient les femmes, c’est une évolution mais en Egypte,
Hérodote écrit : « Il arriva, pendant que j’étais en Égypte, une
chose étonnante dans le nome mendésien : un bouc eut publiquement commerce
avec une femme, et cette aventure fut connue de tout le monde. » Qu’un bouc
velu vous féconde pouvait être
interprété littéralement. Et nous pouvons lire dans les notes d’Ovide de Charles
Louis Fleury Panckouke : « Les femmes de Mendès en Egypte allaient
visiter le bouc sacré afin d attirer sur elles ses fécondes influences Les
femmes chez les Juifs étaient aussi fort attachées au culte du bouc Les Saintes
Écritures elles-mêmes leur font le reproche de forniquer avec cet animal. Tous
les auteurs de l'antiquité déposent de ce culte sale et révoltant. Il passa
sans doute en Etrurie et de là dans le Latium C'est ce qui aura donné lieu à la
tradition de l’oracle de Junon et à l’interprétation de l’augure étrusque… »
Il n’est pas exclu que les femmes
se faisaient couvrir par les boucs lors de ces fêtes à la fécondité. Et nous
voyons se dessiner cette image où lors d’une messe noire, Satan, le diable se
manifeste à ses adorateurs sous la forme d’un bouc, à qui on offre une vierge. Nous comprenons mieux pourquoi
l’Eglise s’offusquait de ces cultes
païens et les a finalement relégués
au rang des pratiques démoniaques. Quoi qu’il en soit, les messes
noires et certaines cérémonies rendues à la lune ne sont que les survivances de ces
rites anciens. Evariste Zephyrin [1] Son
nom, Junon, vient d'une racine indo-européenne exprimant la force vitale, que
l'on retrouve dans juvenis l'homme jeune, à l'apogée de sa vigueur.
[2] La gisante est soutenue et servie par diverses déesses du premier ordre: l'accoucheuse divine tire l'enfant du sein de la mère; la nourrice divine tend les mains pour le recevoir, assistée d'une berceuse. Le père de tous les dieux, Ammon (Ammon-Ra), assiste au travail, accompagné de la déesse Soven, l'Ilithya, la Lucine égyptienne, protectrice des accouchements : source [3] Le
carnaval en Guadeloupe : transmission et réappropriation, par Louis
Collomb. Pyepimanla le magazine antillais d'informations recence l'actualité de la saint Valentin dans le monde
|
|
||||||||||||||||||